• Equipe MakiGo

Dans les coulisses de nos assiettes : des appétits toujours plus carnés

Mis à jour : juin 5

A l’heure où toutes les voix s’unissent autour du même combat pour la sauvegarde de la biodiversité et l’avenir de la Planète, il est temps d’ouvrir les yeux sur un des problèmes majeurs de notre consommation alimentaire.


En effet, avec ses près de 90 kg de viande ingérés chaque année, le Français moyen se classe au devant de la scène du sacrifice de l’animal pour la seule satisfaction humaine. Avec 323.000.000 tonnes de viande produites chaque année dans le monde, l’espèce humaine tue environ 65 milliards d’animaux pour rassasier ses appétits toujours plus carnés.


En seulement cinq ans, la production mondiale de viande a quintuplé ! Et qui dit augmentation de la consommation dit aussi augmentation du nombre d’animaux. Les élevages se font de ce fait toujours plus intensifs, au détriment du bien-être animal et de la Planète…



Essayons ensemble de comprendre pourquoi et d’ouvrir enfin les yeux sur ce qui se passe vraiment dans les coulisses de nos assiettes.


Manger de la viande, ça consomme beaucoup d’eau !


Lorsque l’on consomme de la viande, il ne faut pas seulement penser à l’eau qui peut être présente dans le morceau devant nous.


Il faut prendre en compte les milliers de litres d’eau ayant servi non seulement à abreuver l’animal dont le morceau est issu, mais également ceux ayant arrosé la nourriture ingérée par ce dit animal. Car oui, il était vivant à un moment donné et consommait lui-même de la nourriture !


C’est simple, lorsque l’on mange un steak de 150 g de bœuf, on consomme par la même occasion près de 2500 litres d’eau… Quand on sait que 20% de la population mondiale n’ont pas suffisamment d’eau au quotidien, qu’un milliard de personnes, soit environ un sixième du monde, n’ont pas accès à l’eau et que 40% de la population mondiale souffrent de pénurie d’eau, ça laisse à réfléchir la prochaine fois qu’un steak se montre dans nos assiettes…


Le climat lourdement impacté


Plus que jamais au centre du débat écologique, le réchauffement global de la Planète inquiète les scientifiques et tous ceux qui s’y intéressent. Largement en cause, l’élevage est responsable à lui seul de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales liées aux activités humaines.

Avec ses 7 milliards de tonnes de dioxyde de carbone émis par an, l’élevage émet donc plus que la France et les Etats-Unis réunis… Il est également responsable de 50% des émissions de protoxyde d’azote et de méthane, deux gaz dont le potentiel de réchauffement est respectivement 25 et 300 fois supérieur à celui du CO2.



Ce qui se trouve dans nos assiettes influence donc grandement le réchauffement climatique et impacte l’avenir de notre planète et de ses êtres vivants, y compris nous. En mangeant de la viande,c’est nous-mêmes que nous détruisons indirectement ! Paradoxal non ?


La viande au détriment des forêts


Ne se contentant pas d’assécher et de réchauffer notre planète, la consommation de viande provoque indirectement la progression de la déforestation de façon drastique. Dans le monde, c’est près de 70 % des terres agricoles qui sont destinés à nourrir les animaux d’élevage (engraissés avec du blé, du maïs ou du soja OGM).


En effet, pour produire 1 kg de viande, c’est entre 7 et 12 kg de céréales qui sont nécessaires ! Il faut donc bien trouver de la place pour les cultiver et, chaque année, c’est plusieurs millions d’hectares de forêts qui sont sacrifiés dans ce but…plaçant dès lors l’agriculture en tête de la déforestation mondiale (70%).


Donc, plus d’émissions de CO2 et moins d’arbres pour nous aider à le réguler ? La combinaison des deux ne fait pas bon ménage pour l’avenir de la biodiversité à la surface du globe…


Et la pollution dans tout ça ?


Comme si cela ne suffisait pas, l’élevage est également responsable d’une grande partie de la pollution de l’eau et de l’air. Nitrate et phosphore rejetés après l’épandage du fumier et du lisier, rejet de pesticides et engrais, nombreux sont les facteurs aggravant encore son cas.


Avez-vous remarqué l’apparition des algues vertes interdisant la baignade sur de nombreuses plages bretonnes ? Elles seraient dues à l’élevage porcin intensif… Alors jambon ou conservation des océans ?


Parlons de souffrance animale


Enfin, nous ne sommes pas sans vous rappeler qu’avant d’être dans nos assiettes, les morceaux de viande sont des êtres vivants. Trop nombreux sont les carnivores attendris devant la moindre souffrance animale et oubliant d’où peut venir la viande une fois attablés devant une belle assiette.


Maltraités, malmenés, vie écourtée, conditions de vie insalubres, injection d’hormones de croissance… c’est le quotidien des animaux d’élevage.


En France, c’est 83 % des 800 millions de poulets d’élevage qui ne voient jamais la lumière du jour et 95 % des 25 millions de cochons qui passent leur vie sur caillebotis dans un bâtiment.


Alors le confinement, pas si dur finalement non ..?



Loin de nous l’idée d’être moralisateur, nous souhaitons simplement informer, vous informez. Il est important de comprendre d’où vient ce que l’on met dans nos assiettes, maintenant plus que jamais.


Pendant le temps qu’il vous a fallu pour lire cet article, 495 000 animaux ont été tués à travers le monde pour répondre à notre demande insatiable de viande…



Sources :

Le Monde, L214


Rédactrice : Lauren Lepelletier

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